15 novembre 2007
Les marques
Ce midi, à la FNAC du coin, un expert en marques est venu présenter son étude-pavé sur le sujet. (voir ici)
Je suis resté quelques minutes, écoutant d'une oreille le discours du gars, feuilletant de l'autre main quelques bds (la rencontre était à côté du rayon bd). Extraits:
Sur Google:
- Google est une superbe entreprise: tapez "Paris Londres pas cher", vous aurez non pas ceux aui sont les moins chers, mais ceux qui ont payé le plus pour apparaître en tête de classement. Et ce n'est pas comme les médias où le positionnement (couverture, heure de grande écoute, ...) induit le prix, là c'est à qui payera le plus...
On ne peut qu'être d'accord avec ce jugement. Et déplorer cet état de fait.
Sur l'Asie:
- Coca-Cola est une marque mais c'est bien plus que ça.
Là déjà, je trouve le propos moins original. Coca, c'est d'abord un fabricant qui cherche par tous les moyens à écouler sa marchandise. Dont un marketing à la pointe.
- Les buveurs de thé rêvent de boire du Coca. D'ailleurs, il faudrait que les asiatiques, par leurs publicités, cherchent à se ressembler à eux-mêmes, et non à des occidentaux. J'attends ce moment. Pas une pub de lingerie, d'alcool ou de parfum là-bas avec un modèle local. La plupart du temps, c'est avec un modèle occidental.
Jugement lapidaire que je ne partage pas vraiment (pour la partie de l'Asie que je fréquente).
Sûr que les publicités avec des modèles occidentaux sont nombreuses. Majoritaires? A voir, mais je n'en suis pas convaincu.
On peut mettre en parallèle les nombreuses publicités ou séries télévisées par chez nous qui arborent plus ou moins fièrement "le black" et "la jaune" de service... Les quotas, quel horrible concept...
- Les villes commencent à prendre conscience qu'elles sont aussi des marques: le Maire de Paris vient de lancer un appel d'offre pour la gestion de la marque "Paris". Aujourd'hui, Paris, c'est l'image qu'on en reçoit d'un chauffeur de taxi ou d'un serveur (plus ou moins poli) de bistrôt. Image non contrôlée, et souvent image perfectible. Paris a perdu les JO (au détriment de Londres) car sa marque n'était pas aussi bien perçue...
Sans nul doute, mais on m'empêchera pas de penser que cette "marquisation" de tout n'est pas une saine évolution. Etape ultime: JE suis une marque.
16 novembre 2005
Un appart à Tokyo
J'ai vu ce matin dans le journal de ANA (All Nippon Airways) une publicité pour un appartement à Minato-ku (Tokyo).
En résumé, un 3 pièces de 68m2 est à 370000 euros. Ca nous fait 5450 euros le m2. Pour mémoire, en proche banlieue parisienne, on trouve couramment dans le neuf, des prix de ce genre. Sachant également que Minato-ku est un quartier assez chic de la capitale nippone, ça secoue un peu l'idée que Tokyo est hors de prix, et aussi que le prix de l'immobilier à Paris n'est pas cher...
Bon alors, ma moitié n'a pas manqué de noter:
- Il s'agit d'une tour comme on n'ose plus trop en construire par chez nous (genre 30 étages), et pas une maison à la japonaise.
- C'est à Tamachi, un quartier pris sur la mer, pas le vrai Minato-ku. (C'est à quelques minutes de la Yamanote Line, ça me semble quand même pas mauvais)
12 juillet 2005
J'ai acheté un portable
Ce week-end, j'ai cassé la tirelire et ai acheté un portable. Lors de mon dernier voyage au Japon, j'avais craqué pour un Fujitsu (voir ici)qui a tout ce que je voulais, et le reste aussi.
Léger (1,2 kg), disque, mémoire tout bien, Wifi, lecteur carte mémoire. A l'époque, fallait aligner plus de 2000 euros; visiblement, le prix a un peu baissé depuis. M'enfin, ça reste trop cher pour un poste d'appoint à la maison, et pratique à emporter en voyage.
Bref, j'ai acheté un Toshiba, moins bien, c'est sûr, mais qui sur l'essentiel reste correct. A vrai dire, pour moins de 800 euros, c'est un peu surprenant qu'il ait 512Mo de Ram, Wifi, écran 15,4, lecteur cartes mémoires, Celereon 1.5Ghz, DD raisonnable, ... Quand même 3kg la bête!
Ca s'explique, lorsqu'on tourne l'appareil: Toshiba aussi fait fabriquer en Chine...
Alors, me direz-vous, comme je le relatai dans l'article "Les délocalisations ? Regardez le Japon...", (sur ce blog, archive du 28 juin 2005), Toshiba fait sans doute fabriquer son bas de gamme en Chine, et garde ses productions à forte valeur ajoutée dans ses usines nippones. A dire vrai, je lui souhaite...
Car la "mésaventure" d'IBM sur ce domaine mérite réflexion: IBM, excusez du peu, c'est l'inventeur dans les années 80 du PC. Médiocre machine il est vrai, mais les standards le sont souvent. En quelques années, IBM s'est fait sortir du marché des PC de bureau, puis de celui des portables. Je dis bien s'est fait sortir, même si cela provient d'un "choix" des hautes instances de la société.
Alors pourquoi? D'abord, IBM a fabriqué des portables, et je pense rapidement, a acheté des composants à meilleur prix en Chine. Deuxième étape, en confiant de plus en plus de parties des portables à quelques sous-traitants, puis sans doute progressivement un seul, IBM a, perdu son statut de dominant dans le rapport client-fournisseur.
De là, les usines chinoises - peut-être IBM, sans doute plus classiquement joint-venture avec un partenaire local - ont pris l'ensemble de la fabrication, laissant au siège américain des aspects de design et d'autres très techniques. Puis, ça aussi est parti en Chine, jusqu'à ce que'IBM retrouve en face de lui, un constructeur qui en sait plus sur les produits IBM.
Sous-traitant qui devient également concurrent sans doute. Jusqu'au jour où, IBM ne maîtrise plus grand chose...
Alors, Monsieur Toshiba, je suppose que tu as étudié cette belle success story (pour Lenovo - le nom de la société chinoise - pas pour IBM), car voilà un concurrent qui il y a sans doute 10 ou 15 ans fabriquait des presses-purée ou autres espadrilles...
Je vois aussi un lien avec les fabricants de voitures chinois, qui piaffent d'impatience à l'idée d'envahir les marchés occidentaux. Après avoir fait leurs classes auprès de joint-ventures avec GM, Volkswagen ou Peugeot, les voilà qui se lancent seuls d'abord sur le marché domestique, avec pour commencer des copies - même pas maquillées - des produits de leurs associés (si mes souvenirs sont bons, GM vient de voir sortir un clône de sa petite voiture locale...)
Bref, la Logan aura sans doute forte concurrence sous peu, non pas chez nous, mais d'abord dans les pays a qui elle était initialement destinée...
Et malgré tout, je ne culpabilise pas d'avoir acheté chinois, parce que c'était ça, ou rien.
28 juin 2005
Les délocalisations ? Regardez le Japon... (Monde.fr)
J'ai lu il y a quelques temps un article très intéressant d'Eric Le Boucher sur le site du Monde. Les analyses de ce chroniqueur sont souvent intéressantes et originales. Il y réfléchit sur ce qui constitue l'originalité du modèle économique adopté par les industriels nippons face aux pays à faible coût de main d'oeuvre.
"Le gouvernement (français) a voulu vendre pour 1 euro les téléviseurs de Thomson au coréen Daewoo en 1996. Finalement, Thomson a été conservé, financièrement redressé par l'actuel ministre des finances, Thierry Breton, pour être sitôt vendu en 2003... aux Chinois. Les téléviseurs sont banalisés, le marché mature et la concurrence asiatique trop forte, nous a-t-on expliqué. Ce secteur n'est plus intéressant.
Pour se doter d'une politique industrielle moins compulsive, il serait peut-être temps de regarder au Japon. Confronté depuis longtemps aux dragons asiatiques et à la Chine, l'Archipel a mené une réflexion aboutie sur la stratégie que peut conduire un pays riche face aux pays à bas coûts de main-d'oeuvre."
Suit une réflexion sur l'abandon en France d'une industrie prometteuse, et la relocalisation au Japon de hautes technologies comme les TV LCD et plasma. Puis le passage progressif de ces technologies dans les usines tournevis chinoises, quand les usines nippones se tournent vers d'autres nouveautés. Dans un marché banalisé, les marges sont écrasées, contrairement à celles dégagées dans les nouveaux produits.
"Cette course impose une forte relance des dépenses de recherche-développement. (...) Le coeur du renouveau passe par le maintien au Japon des usines mères. L'innovation ne se résume pas au produit mais s'étend au process de fabrication, ce savoir-faire élaboré avec les excellents et coopératifs ouvriers japonais. Le Japon délocalise prudemment ses process et veille à nommer des cadres japonais à la tête de ses usines à l'étranger."
En conclusion, l'auteur propose de s'inspirer de ce modèle, jusqu'ici positif, et le transposer à l'Europe en l'adaptant. Faut-il se battre pour le textile - cause vraisemblablement perdue pour le bas et le milieu de gamme - ou pour les hautes technologies (Airbus, TGV, etc...)? Encore faut-il toujours avoir un TGV d'avance.
N'est-il pas dommage d'avoir loupé le marché des nouveaux téléviseurs, alors qu'il y a quelques années seulement, un seul fabricant de dalles LCD (Sharp) dominait le marché ? Entre temps, quelques mastodontes (LG, Samsung notamment) sont apparus et se sont imposés. Thomson (qui valait 1 euro, selon un "fameux" premier ministre dont on entend à nouveau parler depuis peu, est-ce un bien?) aurait peut être pu participer à une aventure du même genre par chez nous. Occasion ratée...
